Tout savoir sur l’irrigation vésicale continue

Tout savoir sur l’irrigation vésicale continue

La vessie est un organe urinaire, c’est une petite poche présente chez l’homme et la femme. Son rôle est de stocker l’urine, puis de l’évacuer quand elle est pleine. Cependant, plusieurs facteurs peuvent être à l’origine d’un dysfonctionnement de cet appareil urinaire. L’irrigation vésicale continue ou lavage de la vessie est une opération qui consiste à faire passer en continu une solution stérile dans la vessie. Cette action se fait par l’intermédiaire d’une sonde vésicale à double courant et à l’évacuer aussitôt. Si vous n’avez aucune idée de cette opération, découvrez-la.  

 

Les indications et contre-indications du lavage vésical

Opération à risques, il est nécessaire de savoir dans quel cas faire ou ne pas faire de lavage de la vessie. 

Les indications

Le lavage mécanique de la vessie est indiqué sur prescription médicale, art. R 4311-7 décret 2004-802 du 29/07/ 2004. Le but est de lever une obstruction qui est causée par des caillots de sang, des mucosités, ou des dépôts lithiasiques. Il se pratique après une chirurgie de la prostate. Cette action peut encore être utilisée pour déboucher une sonde à demeure. Dans le cas où celle-ci s’obstrue, ou que son écoulement ne peut être maintenu que par des lavages réguliers, il faut changer la sonde. Il se fait également en cas de cystite, avant une instillation médicamenteuse. 

Mais, il faut savoir que ce lavage n’est pas systématique. En effet, l’irrigation vésicale continue représente un acte agressif, qui malgré les précautions prises peut toujours provoquer une infection ou la diffuser. Une économie de geste entraîne une économie de risques. Cet acte n’a pas un pouvoir hémostatique en lui-même, le seul pouvoir qu’il a est d’éliminer le sang de la vessie. On peut aussi faire du lavage de la vessie pour déboucher une sonde vésicale mise en demeure. Mais face à un essai infructueux, il faut rapidement changer la sonde en question. 

Les contre-indications

Tumeurs de l’urètre, rupture traumatique de l’urètre, infections : urétrite aiguë suppurante, épididymite, prostatite. Il est important de savoir que tout lavage vésical entraîne un risque infectieux. Les lavages vésicaux intermittents sur une simple SAD avec une seringue sont désormais interdits. Aucun intérêt en prévention des infections urinaires. Si la sonde est bouchée, reposez une nouvelle SAD.  

 

Les différents types de lavage vésical

Parmi les différents types d’irrigation vésicale, il y’a : 

Les perfusions vésicales continues de sérum physiologique : elles empêchent la formation des caillots de sang après une opération d’une tumeur vésicale. Elles sont aussi utilisées lors d’une opération de la prostate (résection endoscopique). 

L’instillation vésicale d’un médicament permet d’éviter la récidive d’une tumeur de la vessie ou d’une inflammation. Celle-ci peut être due à une injection d’un médicament chimiothérapique. Il peut être pris pour prévenir la récidive d’une tumeur ou d’un médicament de nitrate d’argent contre la récidive d’une cystite. 

Quant aux lavages vésicaux à la seringue, ils permettent d’évacuer des caillots sanguins ou des fragments lithiasiques (calculs). 

La préparation du matériel 

Préparer le matériel nécessite déjà de posséder les connaissances de base. 

Les principes de base 

  • Vérifier une fois de plus la prescription médicale, le protocole et l’identité du patient
  • Vérifier l’intégrité et des dates de péremption du matériel qui sera utilisé
  • Avoir un environnement propre : une chambre nettoyée, lit arrangé, toilette du patient
  • Désinfecter le chariot et ne prendre que le nécessaire

Le matériel : 

  • Gants stériles
  • Savon doux
  • Une seringue de 20 cc
  • 2 champs troués et non troués : pour isoler la zone de soins
  • Tubulure avec compte-gouttes
  • Gel urétral de xylocaïne
  • Une poche collectrice stérile
  • Compresses stériles +antiseptiques : pour nettoyer l’embout extérieur de la sonde
  • Sonde à double courant ou 3 voies de type sonde prostatique
  • Matériel pour décaillotage d’urgence
  • Un liquide de lavage : le plus utilisé est le sérum physiologique, flacon de 500 ml

Éviter d’utiliser les antiseptiques présentés en vrac dans les flacons ouverts. Il a été révélé qu’au cours de multiples utilisations, leur local et pipette deviennent de véritables lieux de prolifération de microbes.

La préparation du patient

L’installer confortablement aussi à plat que possible, en position dorsale, jambes écartées et légèrement fléchies ; le bassin réniforme entre les jambes.

 

La réalisation du soin

Après avoir installé confortablement le patient, c’est le moment de réaliser l’acte. Pour cela vous devez : 

  • Frictionnez vos mains avec la solution hydro-alcoolique,
  • Mettre masque, lunettes et sur blouse, mettre des gants
  • Ouvrir le flacon et remplir la cupule stérile
  • Sur le haricot stérile, y poser le sparadrap
  • Déposer les champs entre les jambes du patient
  • Désadapter la sonde et le collecteur et nettoyer l’embout de sonde
  • Mettez la sonde sur le sparadrap
  • Préparez un nouveau collecteur ou protégez le bout de celui que vous avez
  • Mettez des gants stériles
  • Remplissez la seringue du sérum physiologique
  • Prenez la sonde avec des compresses antiseptiques
  • Adaptez la seringue de sérum physiologique
  • Doucement, vous injectez 30 à 40 ml
  • Déconnectez la seringue de la sonde et laissez écouler le liquide tant de fois que c’est nécessaire. S’il y’a un caillot, injecter et aspirer
  • Reconnecter par la suite la sonde avec le collecteur à urine.
  • Enlevez le haricot et champ

Après le soin

  • Réinstaller le patient tout en tenant compte de ses désirs et possibilités
  • Garder le matériel non jetable comme les bassins et le plateau
  • Selon les habitudes du service, inscrire l’exécution du soin ainsi que se caractéristiques sur un dossier
  • Surveiller le fonctionnement de la sonde, parce que des poussées douloureuses sur une sonde amènent à suspecter l’obstruction de celle-ci. Elle peut être bouchée par un caillot.

Les risques et complications du lavage de la vessie

Après cette opération, il est nécessaire de surveiller le patient parce que vous pouvez faire face à quelques incidents. Par exemple lorsque le liquide de lavage ne s’écoule pas par la sonde, mais tout autour. Ce qui explique que :

La sonde est déplacée et n’est plus dans la vessie, il faut alors la repousser avec précautions. 

La sonde urinaire est bouchée par un ou plusieurs caillots. Il faut alors la mobiliser avec douceur et injecter un liquide sans forcer jusqu’à l’absence totale des caillots. Si le piston se bloque, demandez premièrement au patient d’inspirer très fort surtout au moment d’injecter puis de retirer le liquide à l’expiration. À ce niveau le patient se décontracte. Vous pouvez aussi si cela ne suffit pas dégonfler le ballonnet. Faites seulement attention à ne pas sortir la sonde. S’il n’y’a pas d’effet, il est recommandé de changer la sonde.

En principe, le lavage n’est pas douloureux, mais lorsqu’il l’est, c’est dû à un liquide trop froid, trop abondant. Également dû à une poussée trop forte, une aspiration trop brutale. Une manœuvre maladroite peut être à l’origine des douleurs pendant le lavage vésical, aussi parce que toutes les vessies n’ont pas la même capacité. La répétition de ce soin peut encore entraîner une cystite aiguë avec pollakiurie et des brûlures mictionnelles. Il peut aussi arriver que de tels symptômes s’associent chez l’homme à une forte fièvre. Mais en cas d’infection persistante, on vous prescrit un traitement antibiotique approprié.

 

Conclusion

Le lavage de la vessie ou l’irrigation vésicale continue très pratiquée en urologie est une opération très délicate. Celle-ci peut entraîner des risques et complications. Il est donc important de bien veiller sur le patient après la phase opératoire. 

 

 

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